Le Moyen Âge
La Gaule fut occupée par les Romains de 58 ajc jusqu’en 476 de notre ère, date de la chute de l’empire Romain et le début de l’occupation des barbares. A la suite ce fut le “Moyen âge”période obscure pour une grande partie de l’Europe et plus particulièrement pour la France.
En l'an 476, le peuple de France ne possède que sa propre énergie et celle des chevaux ou autres animaux de trait ou de bât pour assurer les transports et effectuer les travaux des champs et des villes.
Les gens s’éclairent à la lueur des lampes à l’huile de navette (colza) dans le Nord et à l’huile de noix dans le Midi. La seule alternative à la lampe à huile était alors la torche, adaptée à l'usage extérieur, puis la chandelle qui remonte au moins au début du IIIe millénaire
av JC. Souvent, à la campagne, le feu de l’âtre éclaire seul la table familiale lors des repas et des veillées.
Les moins fortunés brûlent des tiges de jonc séchées et trempées dans de la graisse animale. Encore moins chers, et encore moins performants sont les morceaux de bois résineux posés sur une grille, souvent près de la cheminée.
Les nobles et les gens d’église utilisent le cierge à la cire d’abeille.
Les femmes filent au fuseau. Les hommes tissent sur des métiers archaïques. Chaque ville ou villages a ses artisans (cordonniers, sabotiers, potiers, forgerons, boulanger...). Dans les forêts travaillent les bûcherons et les charbonniers.
Durant la première période jusqu'en 1150 de notre ère la France intellectuelle et économique fut en sommeil ; Après cette date on constate un accroissement de la population (malgré épidémies et famines) et une amélioration de la vie agricole : expansion des moulins à vent et hydraulique, adoption de la charrue à versoir et de l'attelage en collier d'épaule, réduction des jachères improductives, expansion des surfaces cultivées grâce aux défrichements et aux assèchement des marais. Les petites tenures se multiplient au bénéfice des familles qui jouissent, sans conditions serviles, d'un terrain et d'une maison pour lesquels elles versent un modeste loyer.
Les marchandises circulent sur les routes terrestres et fluviales. Les foires deviennent des rendez-vous périodiques.
Les riches disposent de monnaies en or, argent ou bronze, alors que les paysans, généralement, pratiquent le troc.
Des agglomérations nouvelles se créent en gardant un aspect rustique, dans lesquelles se développe une bourgeoisie puissante.
On constate aussi un progrès dans la transmission du savoir et la formation des maîtres autour des cathédrales et des monastères.
Au cours du Moyen Âge, se développèrent aussi diverses réalisations techniques comme, l'usage du charbon, la multiplication des moulins hydrauliques et à vent, l'horlogerie, la fabrication du papier, l'imprimerie.
Le charbon :
Le charbon à l'usage des forgerons était connu des Gaulois. Mais il faut attendre les IX ème et Xe siècles, pour que la pierre qui brûle
devienne le charbon de terre
par opposition au charbon de bois
.
A cette époque, l'emploi du charbon est possible là où il affleure. L'existence d'un gisement ne pouvait être décelée qu'aux rares endroits où la couche, dénudée par l'érosion, apparaissait à la surface du sol, qu'il suffisait de gratter plus ou moins en profondeur. Lorsqu'une veine était épuisée, une autre était exploitable. Mais progressivement le droit d'ouvrir une mine de charbon devint une prérogative de la féodalité.
En 1201, un reçu de péage pour la traversée du pont d'Albi atteste que le charbon est exploité à Carmaux (81). En 1250, on tire parti également des affleurements
à Saint Etienne (42), au Creusot (29), à Alès (30), à Graissessac (34), à Commentry (03).des documents de 1459 mentionnent l'utilisation du charbon de terre des affleurements Sarrois.
Les moulins :
Le moulin à eau se développa en Europe à partir du IXe siècle. L'utilisation de l'énergie hydraulique permit une productivité sans comparaison avec celle disponible dans l'antiquité. Chaque meule d'un moulin à eau peut moudre 150 kg de blé, en une heure.
L'origine des moulins à vent est inconnue. Leur première mention en France date de 1180 dans un acte d'Alexandre de Liéville qui donne à l'Abbaye de St-Sauveur-le-Vicomte une terre près d'un moulin à vent.
Ces moulins à vent comportent quatre ailes montées sur une charpente en équilibre sur un pivot centrale. Son orientation au vent est manuelle.
C'est grâce aux Abbayes Cisterciennes, que les moulins à vent ou hydrauliques se développèrent. En effet, les règles monastiques demandaient aux moines d'être autonomes pour leur entretien, et de consacrer beaucoup de temps à la prière, à l'étude, et à la méditation. En développant et en perfectionnant les moulins, les moines consacraient moins de temps aux tâches manuelles.
Ainsi, l'abbaye de Clairvaux, et les 500 autres monastères cisterciens, possédaient de nombreux moulins spécialisés pour moudre les grains, fouler des draps, tanner les peaux. Plus tard, on construisit des moulins-forges (XII° S), des scieries (1240), des moulins à papier (1276), des souffleries, (fin Xle).
La noblesse féodale voit aussi dans la diffusion de l'énergie hydraulique, un moyen d'augmenter ses revenus. Elle oblige les serfs à utiliser ses moulins, et cette servitude, nommée banalité, ne disparaîtra qu'à la Révolution.
Au (Xlll° S) on compte l500 moulins dans toute l'Europe Ils servent à meuler et polir les métaux, à actionner des tours, des foreuses, des laminoirs, des ventilateurs, des monte-charge, et des pompes.
L'horlogerie
Les Chinois puis les Arabes utilisent très tôt (premier millénaire) des roues dentées munies d’ergots pour fabriquer des mécanismes d’horlogerie.
Héron d’Alexandrie, au début de notre ère, à partir de poulies et d’engrenages crée des automates
L'idée des premiers horlogers était d'actionner l'aiguille, par la chute d'un poids. Mais ils avaient remarqué que cette chute se fait de manière accélérée. Il faut donc ralentir cette chute, pour ne pas avoir à remonter le poids trop souvent. Il faut surtout que cette chute soit très régulière au cours du temps pour qu'il y ait une relation linéaire entre le temps et la position de l'aiguille. Le mouvement devient uniforme seulement si on freine la chute du poids.
Gerbert (938 - 1003) En mathématique : introduisit en Europe les chiffres arabes en remplacement des chiffres romains peu pratiques. On lui doit un traité de géométrie. En technique : il réalisa différents objets : astrolabes, globes terrestres, un orgue, et des horloges mécaniques. Le 02.04.999 il devint le pape Sylvestre II.
On attribue à Gerbert l'invention d'une horloge à poids avec un mécanisme d'échappement à roue de rencontre et un oscillateur appelé foliot
. Celui-ci est une simple tige aux extrémités de laquelle sont accrochés deux masses (ajoutée par Jacopo de Dondi). Au milieu de cette tige est fixé un axe oscillant vertical supportant deux palettes qui viennent alternativement bloquer la roue dite de rencontre
dont l'axe verge
est actionné par le poids et entraîne l'aiguille directement ou par un jeu d'engrenages.
Jacopo de Dondi (1290 - 1359), supervise, en 1344, la construction d'une horloge publique (modèle Gerbert) sur la tour du Palazzo Capetanato, pour le compte du Prince Ubertino de Carrara. Cette horloge comptait et frappait les heures sur 24 heures et indiquait les phases de la lune et les signes du Zodiaque. Après de longues recherches il mit au point une horloge astronomique et un planétarium
très élaborés. En 1348 il commence ses travaux sur son astrarium.
Giovanni de Dondi (1318-1389), construit une horloge (Gerbert) à Pavie, en ajoutant au foliot
deux poids mobiles de façon à ralentir ou accélérer son oscillation
Sur ce même modèle la construction des horloges se poursuivit : en 1386 horloge de la Cathédrale de Salisbury, en 1389 le Gros Horloge du beffroi de Rouen, en 1424 l'horloge astronomique de la cathédrale de Bourges, et caetera.
A la même époque il existait des automates appelés jacquemarts ou jaquemarts représentant un personnage sculpté en bois ou en métal, qui indiquait les heures en frappant une cloche avec un marteau.
L'un des plus anciens et des plus célèbres est celui de Dijon. Pris en 1382 à Courtrai par le duc de Bourgogne Philippe le Hardi, il fut installé en 1383 sur l'amorce de la tour sud de la façade occidentale de l'église Notre-Dame de Dijon. Il comportait à l'origine un automate mû par une horloge et sonnant sur une cloche. Ce personnage ne fut appelé Jacquemart qu'à partir de 1458. Les Dijonnais lui adjoignirent en 1651 une épouse automate, Jacqueline. En 1714 ou peu après, ils ajoutèrent un fils, Jacqueline, et, en 1884, une fille, Jacquelinette. Ces deux enfants sonnent de quart d'heure en quart d'heure sur deux petites cloches


