Il n’y a de vrai que
les théories classiques,
le reste n’est qu’invention





Introduction :

Vers l’an 1600, le peuple de France ne possédait que sa propre énergie et celle des chevaux ou autres animaux de trait ou de bât pour assurer les transports et effectuer les travaux des champs et des villes.

Les gens s'éclairaient à la lueur des lampes à huile et se chauffaient au feu de bois. Les femmes filaient au fuseau. Les hommes tissaient sur des métiers archaïques. Les moulins à vent ou à eau permettaient de moudre et de tamiser les grains des céréales, de presser les fruits, de fouler le lin, le chanvre, les tissus, les cuirs et la pâte à papier. L'énergie hydraulique était utilisée pour meuler et polir les métaux, pour actionner des tours, des marteaux, des foreuses, des laminoirs, des ventilateurs, des monte-charge et cetera.

Le progrès viendra de deux sortes de personnages :

Les techniciens

Partis, en 1600, quasiment de rien, des individus, de tout rang social, bricoleurs astucieux, parfois autodidacte, furent à l’origine d’objets nouveaux concernant ou non leur profession. Ces inventeurs, au terme de trois siècles de recherches, avaient réalisé quasiment tout ce qui constituera le confort du monde moderne comme en a témoigné l’exposition de 1900.

Les théoriciens

Les mathématiciens, en 1600, dans le même dénuement matériel de l’époque, bénéficiaient d’un riche bagage hérité des Grecs, des Indiens, des Chinois et des Arabes, comprenant : arithmétique, géométrie, algèbre (équations du 3ème et 4ème degré), système décimal, chiffres arabes, algorithmes, trigonométrie, dérivées, intégrales, équations différentielles et calcul infinitésimal.

Parmi ces mathématiciens certains Théoriciens, en plus de leur capacité pour mettre en équation les résultats d’observations successives et en faire des lois, se révélèrent capables, de repérer le moindre indice révélant la présence d’une particularité. D’autres par déduction anticipèrent un résultat confirmé ultérieurement d’autres encore furent d’habiles manuels aptes à construire leurs appareils de mesure.

Ces pionniers de la science, au cours de trois cents ans de recherches, au dire de leurs collègues de 1900, avaient résolu tous les problèmes scientifiques. Par exemple, en 1892, Lord Kelvin déclarait : "La physique est définitivement constituée avec des concepts fondamentaux". C’était la conviction de savants qui ne pouvaient apprécier ce qu’ils ignoraient comme la définition exacte de la lumière, de la structure des atomes et l’origine de l’univers.

Exposition universelle de 1900

Porte Monumentale

Porte monumentale

En 1900, Paris est une métropole moderne, avec un réseau de transport dense, des chaussées et des trottoirs en bon état, un mobilier urbain diversifié et un éclairage public électrique et à gaz efficace. Les travaux d'Haussmann se sont achevés en 1895 et ont donné à Paris un nouveau visage, la ville est désormais parcourue de larges voies.

On y recense 250 000 véhicules, dont 165 000 bicyclettes, 14 000 fiacres, 50 000 automobiles et 10 000 voitures à bras. Les Parisiens peuvent emprunter le métropolitain.

En France les bureaux de poste assurent la distribution du courrier par des facteurs. A Paris ils possèdent en plus un service de courrier pneumatique urbain qui ne dépasse pas les limites de la ville. Ce service fonctionne depuis 1er mai 1879. Il consiste en un ensemble de tubes reliés les uns aux autres, chaque bureau pouvait envoyer des curseurs, propulsés par l'air comprimé, contenant des correspondances au bureau destinataire. Des coursiers portaient les lettes aux destinataires habitant à proximité.

Depuis le 1er Septembre 1889, l'état l'exploite le réseau téléphonique sur lequel à partir de centraux des téléphonistes relient manuellement les abonnées entre eux.

Paris dominé par la tour Effel, compte plusieurs gares, terminus des lignes de chemin de fer de France et d'Europe.

L'exposition ouvre ses portes le 5 mai et les fermera le 31 octobre suivant.

Le voyageur qui vient de la place de la Concorde est stupéfait en arrivant devant la Porte monumentale. Un grand arc se dresse devant lui, avec au sommet, La Parisienne, une sculpture de 6 mètres. Deux minarets sont érigés de part et d'autre de cet édifice qui le soir s'embrase sous le charme de la Fée Electricité.

Du pont Alexandre III, nouvellement construit, jusqu'à la tour Effel, le long de la rue des Nations s'élèvent les Palais des pays étrangers, plus de quarante sont représentés. Chacun dans son style y rivalise d'ingéniosité pour mettre en valeur son savoir-faire et ses richesses artistiques, économiques, techniques et agricoles. Afin que les visiteurs accèdent, sans fatigue, à ces Palais on a construit, sur 3370 m, un chemin de fer électrique et un trottoir roulant, sur deux voies de circulation parallèles fonctionnant en sens inverse et établies sur un viaduc à 7 mètres au dessus du sol.

Les 108 hectares de l'exposition s'étirent, au centre de Paris, le long de la Seine, entre le pont de la Concorde et le pont d'Iéna, avec à une extrémité la tour Eiffel, et à l'autre le Champs de Mars. Une annexe est installée sur 110 hectares à Vincennes.

Un emplacement d'une douzaine d'hectares sur le versant de la colline du Trocadéro est réservé aux colonies tant françaises qu'étrangères. Pour retenir les visiteurs en soirées, des fêtes coloniales avec défilés nocturnes sont organisés.

Le Palais de L'électricité, construit sur l'esplanade des Invalides, est un édifice de métal et de glace. Au sommet trône une lampe à arc et une gigantesque sculpture représentant le triomphe de l'électricité. Au pied de ce monument un Château d'eau déroule ses vasques où se baignent sirènes et dieux marins. Le soir, 5000 lampes à incandescence, rouges, bleues et blanches embrasent l'ensemble. Au fronton se détache en lettres de lumière : 1900. La cascade qui consomme 100.000 litres d'eau par minute est éclairée par 1500 lampes.

Exposition - Paris / Palais de l'électricité

Le Palais de L'électricité est en réalité le centre énergétique de l'exposition. Il comprend 35 puissantes dynamos délivrant 38000Kw/h, alimentées par des machines à vapeur de 12000 chevaux dont les foyers des chaudières consomment 200.000 kilogrammes de houille par heure et crachent leurs fumées par deux cheminées monumentales de 80 mètres de haut. Une salle de contrôle distribue l'électricité à travers toute l'exposition. Tout près de cette salle, une autre plus petite est consacrée aux nouveaux rayons X. C'est curieux on voit les os de sa main.

Dans la Galerie des machines, on peut voir les films des frères Lumière projetés sur des écrans géants.

Dans une autre salle, il y a un nouvel appareil qui, sur un fil d'acier, enregistre et restitue la voix, le télégraphone (le premier répondeur téléphonique). Louis Gaumont y présente de son coté des phonoscènes avec un appareil de projection et un phonographe, synchronisés mécaniquement (le film est projeté en même temps que tourne le cylindre du phonographe).

Dans la section automobile, plus de 200 modèles sont exposés : des Peugeot, des Mors dont sont affichés les succès de la marque dans différentes courses, des Panhard & Levassor, des Renault, des Benz. De nombreuses voitures sont équipées de pneumatiques.

Dans la section de l'industrie lourde est présenté un pont roulant de fabrication allemande de dimension impressionnante.

Certains industriels ont leur pavillons (Lefèvre Utile) ou leur kiosque (Pernod).

Dans le pavillon du Creusot l'entreprise Schneider expose sa technologie de l'acier, un moteur électrique de 17.000 chevaux, une locomotive électrique de 50 tonnes, et diverse types de dynamo, des canons gigantesques et diverses sortes de projectiles.

Le Palais de l'optique présente une lunette astronomique de 60 mètre, un miroir de 1,25 m et un sidérostat de 2 m de diamètre, d'un poids de 7 tonnes pour une image grossie 10000 fois. Des projections stellaires sont réalisées sur un écran de 144 m2.

Chaque ministère a son Palais : l'éducation, les beaux arts, les armées de terre et de mer, les industries, l'agriculture, etc.

En flânant entre les stands des nouveautés sautent aux yeux : les télégraphes, les téléphones, la photographie en noir et blanc et en couleur, les phonographes à cylindres ou à disques plats, des machines à écrire, des fers à repasser, des machines à coudre, d'autre à laver le linge, des stylos à réservoir, etc.

De nombreuses attractions permettent aux visiteurs de se divertir : la Grande roue de 100 mètres peut élever 1200 personnes à la fois. L'aquarium, le plus vate du monde, renferme de nombreux spécimens de poissons et de végétaux dans une cuve de 38 m de long sur 18 m de large et 6,5 m de haut.

Le Palais des fêtes pouvant contenir plus de 15000 spectateurs propose du théâtre, des ballets. Le Cinéorama, projette des vues des capitales européennes et propose de grandes fresques panoramiques de tous les continents. Un maréorama offre même l'illusion d'un voyage maritime avec roulis et tangages, Il y a aussi le palais de l'illusion, des manèges. Les tavernes, les limonadiers, les restaurateurs sont nombreux dans l'enceinte de l'Exposition.

Dans le prolongement du cours le Reine, après la place d'Alma, sur une surface de 6000 m2 se présente une reconstitution du vieux Paris (XVIIIe siècle)

Une nouvelle attraction est née le 14 juillet avec l'ouverture de la ligne du métropolitain Vincenne-Maillot.

Il est difficile d'énumérer toutes les nouveautés présentent sur l'exposition. D'autres sont encore en gestation. Il faudra attende par exemple, le 17 décembre 1903, pour voir Orville Wright expérimenter son avion dans les dunes de Kitty Hawk. Il y volera sur trente-neuf mètres pendant douze secondes. Ce vol sera généralement considéré par le peuple américain comme le premier vol motorisé et contrôlé d'un plus lourd que l'air.

La télévision fut évoquée lors du Congrès international d'électricité qui s'est tenu, dans le cadre de l'Exposition universelle de Paris, du 18 au 25 août 1900. Mais sa réalisation demandera plusieurs décennies.

1900 une date charnière :

Si l’exposition de 1900 marqua une étape sur la route du progrès technique. Ce début du XXème siècle, révéla une nouvelle génération de théoriciens, exclusivement mathématiciens qui mirent en équation non plus les résultats de leurs propres expériences mais ceux de leurs prédécesseurs ou de leurs contemporains.

En plus de leurs équations qui donnaient des résultats conformes à la réalité, ces brillants mathématiciens à l’esprit fertile, à partir d’indices incontestables imaginèrent de faux concepts qu’ils croyaient être, du fait de l’ignorance de l’époque, la description de la réalité encore inconnue. Ce fut le cas d’Einstein à propos de la définition de la lumière, le cas des mathématiciens quantiques pour ce qui concerne la structure des atomes, le cas Aleksandrovitch Friedmann et de Georges Lemaître quant à l’origine de l’univers.

Par la suite, avec le perfectionnement des appareils de mesure, des Théoriciens, généralement dans l’anonymat, rétablirent la vérité à la place de ces faux concepts. Malheureusement, Einstein avait acquis une telle notoriété que personne n’osa le contredire. De leur coté les mathématiciens quantiques avaient créé des équations si complexes qui donnaient des résultats conformes à la réalité que personne n’eut l’audace de contester leurs élucubrations annexes. Quant à l’origine de l’univers faute de nouvelles preuves toutes le hypothèses restent possibles.

Par ailleurs, Louis de Broglie, au début de ce XXème siècle, fit une grande découverte, celle de l’oscillation qui entoure toute particule en mouvement. Malheureusement il ne mena pas ses recherches jusqu’à découvrir que cette oscillation sous-tend la structure des particules et noyaux atomiques stables, ce qui assure la stabilité de l’univers.

Ce livre, en fonction des connaissances acquissent tout au long du XX ème siècle, propose des rectificatifs à ces faux concepts et un complément à la découverte de Louis de Broglie.